Ils disent aujourd'hui qu'il fut né dans le silence, le regard brillant d'une faim dévorante. Qu'il gravit les montagnes interdites et atteignit le Jardin Céleste, bravant la Garde Divine. Il n'avait ni épée, ni armure. Juste une volonté.
Et il vola le fruit interdit.
Le fruit du Savoir, du Pouvoir, du Destin.
Il le croqua. Et la lumière du monde chancela.
Le jugement fut rapide.
Les dieux le condamnèrent. Brisèrent son corps, le jetèrent dans les tréfonds de l'enfer, là où les cris sont étouffés par le magma.
Mais Sen-Kema ne mourut pas.
Il changât.
Sous la torture, il médita. Sous la haine, il forgea sa puissance. Et quand les portes des enfers cèdèrent, ce n'était plus un homme qui en sortit, mais un fléau.
Sen-Kema revint, entouré de larmes et de déchus, et déclara la guerre.
« Car même les étoiles oublient parfois qui les a allumées. »
Les dieux tombèrent. Les temples s'effondrèrent. Le Paradis éclata.